Le besoin de dominer et ses retours de flamme

rencontre sérieuse

« Dominatrice », c’est le mot qu’utilise Victor pour décrire sa femme, Sara. Quand il le prononce, il y a plus que du ressentiment dans sa voix. Les premières fois que Victor envoya cette ép ithète à la tête de sa femme, elle pensa qu’il dramatisait les choses. Même maintenant, alors que sa prétendue domination a déjà conduit Victor à avoir une liaison et à penser au divorce, elle se demande encore pourquoi il est si furieux.

QU’EST-CE QUE LA DOMINATION ?

Le mot domination a des connotations nombreuses. Il fait penser aux régimes totalitaires : impuissance du côté de ceux qui sont dominés et malveillance de la part de ceux qui dictent les règles et les mesures restrictives. Lorsque nous décrivons certaines personnes comme étant « très dominatrices » vis-à-vis de leurs partenaires, nous pouvons les voir comme des tyrans, essentiellement fous de pouvoir aux dépens de leurs compagnons innocents. Mais ceci est-il exact ? Les gens qui ont envie de dominer les êtres qu’ils aiment y sont-ils poussés par une intention mauvaise ? Ou, au contraire, choisissent-ils un moyen définitivement erroné pour mettre en danger leur propre sécurité ? Nous pensons que tel est le cas. Le désir d’avoir de l’autorité sur son partenaire est compréhensible et très courant, car en dominant nous nous sentons plus à l’aise. Ceux qui ont l’impression de dominer sont moins anxieux, plus convaincus que tout se déroulera de manière prévisible et satisfaisante pour eux. Le besoin de dominer naît, c’est typique, dès que nous commençons à tomber amoureux. On dit que l’amour et la haine sont étroitement liés, mais il serait plus juste de dire que l’amour et la domination vont de pair. Quand on aime quelqu’un, on éprouve un besoin croissant de cette personne. Le besoin affectif qu’on a d’une personne donne à celle-ci beaucoup de pouvoir. Lorsque nous donnons un tel pouvoir à quelqu’un, nous éprouvons souvent un sentiment de peur en même temps qu’un ressentiment non avoué, du fait d’avoir remis notre bien-être entre les mains d’un autre. En nous laissant aller à aimer quelqu’un, nous laissons aussi se – développer en nous d’effrayants sentiments de dépendance. Le lien entre dépendance et domination a sa source dans l’enfance. Les enfants peuvent être d’une intelligence redoutable quand il s’agit de trouver des astuces qui leur permettront de jouer sur les réactions de leurs parents. Par exemple, pour se sentir en sécurité et maintenir un lien avec sa mère et son père, un enfant peut essayer de faire en sorte que ses parents se sentent suffisamment coupables pour ne pas le laisser seul avec une baby-sitter ; il prétend être malade pour rester à la maison, ou se plaint douloureusement : « Vous ne m’aimez pas vraiment », pour obtenir d’un des parents un rassurant : « Mais bien sûr que je t’aime. » S’il vous est jamais arrivé de vouloir dominer un être aimé, vous savez certainement que ce besoin vient non pas de votre force, mais d’un sentiment d’insécurité : vous ne croyez pas qu’il soit absolument sincère, vous n’avez pas confiance dans son amour. Si vous étiez sûre de lui, vous pourriez lui laisser la liberté d’être ce qu’il veut et de faire ce qu’il veut. En l’absence de confiance, il existe souvent un besoin croissant de s’assurer que vous savez exactement où est votre partenaire et avec qui, de restreindre ses activités ou même de le rendre de plus en plus dépendant de vous. Nous nous sommes tous trouvés dans la situation d’essayer de joindre par téléphone quelqu’un que nous aimons, de ne pas y arriver et alors d’appeler frénétiquement toutes les cinq minutes. Lorsque vous ne pouvez entrer en contact avec la personne, c’est comme si vous étiez en train de la perdre, comme si vous ne pouviez être sûre qu’elle reviendra. Autre exemple : lorsque vous avez rendez-vous avec un nouvel amant dans un restaurant et qu’il est en retard. Vous attendez, vous attendez et regardez continuellement votre montre. Pendant un bref instant, la pensée vous traverse qu’il pourrait ne pas venir ; c’est peut-être cela ! C’est fini ! Nous sommes tous capables de connaître ces éclairs d’angoisse face à un risque de perte. Une solution courante, pour éviter cette angoisse, est d’être plus dominatrice encore. Il existe d’innombrables moyens de parvenir à dominer quelqu’un dans une relation. Le schéma le plus évident de domination consiste à contrôler l’autre : lui dire comment il est censé se conduire, ou ne pas se conduire, en encourageant ou décourageant tel ou tel de ses actes. Par exemple, pousser un homme à agir de façon plus « mûre » a parfois peu de rapport avec le fait d’attendre de lui qu’il se comporte de manière responsable. C’est plutôt une tentative déguisée pour réduire sa liberté, limiter sa décontraction et, par conséquent, le rendre plus prévisible. Cette domination s’exerce fréquemment par la surveillance directe des activités de notre partenaire. Prendre le pouls de la situation, même si c’est sous forme d’une attention innocente du type : « Je voulais juste savoir comment tu allais », peut être motivé par notre inquiétude — il ne nous aime pas assez, notre union est fragile. Peut-être le moyen de domination le plus camouflé et pourtant le plus courant consiste-t-il à jouer le rôle de gardien généreux et aimant de son partenaire. Cette forme de domination peut prendre l’apparence du soutien ; en fait, c’est une tentative pour s’assurer une position de pouvoir en contraignant l’autre à avoir besoin de nous. Il y a ceux qui disent que le mariage lui-même est une forme de domination institutionnalisée, une servitude plutôt qu’un lien. Pris dans son sens le plus restrictif, il y a là un élément de vérité, car le mariage, dans une certaine mesure, met en jeu des questions de territoire, de possessivité et de domination. Par définition, le mariage nous oblige à déterminer notre position par rapport à la fidélité sexuelle, le temps passé ensemble et les activités de loisirs les plus importantes. Nos zones de responsabilité personnelle peuvent faire l’objet d’une redéfinition, et de trop grandes amitiés avec le sexe opposé peuvent être considérées comme dangereuses pour l’union et donc à proscrire. Mais, dans un sens plus large, nous avons tous besoin, dans le cadre d’une relation, de limites définies en commun pour nous sentir sécurisés et en confiance. Et lorsque nous nous sentons davantage en sécurité, nous sommes également plus libres de nous aimer pleinement. La domination constitue un problème dans toute relation. L’union idéale procure à la fois la continuité d’une compagnie sûre et prévisible et protège la liberté individuelle. Des arrangements et des compromis positifs et réciproques engendrent l’intimité, préservent l’identité et l’expression individuelles. La domination excessive dépasse de loin son but : plutôt que d’enrichir la vie, comme peut le faire l’amour, elle réduit la liberté personnelle, crée du ressentiment et, en fin de compte, donne au partenaire l’envie de retrouver sa liberté. C’est ce qui peut entrainer des situations ou une femme est amenée à tromper un homme ou inversement.

COMMENT LES FEMMES ONT-ELLES APPRIS À DOMINER

Quand on étudie les problèmes de pouvoir et de domination entre hommes et femmes, c’est généralement à l’homme qu’on attribue le rôle du dominant. En réalité, les hommes ont essayé de dominer les femmes depuis toujours, le plus souvent en restreignant ou en contrôlant la sexualité féminine, que les hommes considéraient comme dangereuse. Les hommes ont également exercé leur répression dans les domaines où les femmes pouvaient obtenir du pouvoir, par exemple en littérature et dans les arts, mais aussi dans la vie professionnelle. Mais, si ces diverses manifestations des angoisses et des insécurités masculines ont été l’objet de nombreuses études, il n’en va pas de même en ce qui concerne les manières qu’ont les femmes de vouloir dominer les hommes et y parviennent souvent. La femme rusée, fourbe et maligne est un thème commun à la mythologie et à la littérature. Depuis la tentation d’Adam par Ève, jusqu’aux contes parlant de sirènes attirant les hommes vers leur destruction, le fantasme de la femme puissante et dominatrice a toujours existé, et ce de par les différences entre homme et femme. Sans aucun doute, ces thèmes mythologiques proviennent du besoin intense et toujours constant qu’ont les hommes des femmes et de l’angoisse qu’Us en éprouvent. En créant des mythes, nous essayons de comprendre et de mettre à distance ce dont nous avons peur. Étant donné que les hommes ont souvent dominé les femmes, celles-ci furent obligées d’avoir recours à des techniques plus subtiles pour obtenir ce qu’elles voulaient d’eux. Les femmes sont souvent plus astucieuses et plus à l’aise dans le rapport « donner/ recevoir » que ne le sont les hommes. C’est pourquoi une femme qui désire dominer un homme a de grandes chances d’y parvenir car, en général, celui-ci n’est pas conscient de ce qu’elle fait. Comme nous l’avons montré, dominer est un moyen de se rassurer. En étant certaine que l’homme se comportera et réagira d’une certaine manière, la femme peut prévoir son comportement et par là même se sentir raisonnablement sûre de lui et de sa présence dans sa vie. Mais la plupart des femmes, quelque important que soit le niveau de leur contrôle, conservent une position ambivalente. Les femmes ne désirent pas vraiment dominer complètement, même si elles luttent terriblement dans ce sens. Celles qui sont en position de dominer, invariablement, insistent sur le fait qu’elles veulent que l’homme réagisse, qu’il n’accepte pas passivement, car, si tel est le cas, à leurs yeux il se montre faible. Si un homme accepte trop facilement d’être dominé, la femme commence à penser qu’il est avec elle uniquement parce qu’elle a du pouvoir sur lui et non à cause de sa valeur. Elle sait qu’il cède parce qu’il a peur — peur de perdre son amour — et cela l’effraie. Elle se dit : « S’il est si faible, si souple, comment peut-il être assez fort pour s’occuper de moi, m’aimer et me protéger? » Ainsi, paradoxalement, les efforts mêmes qu’elle fait pour assurer sa sécurité peuvent aboutir à le déstabiliser davantage encore. Aucune femme ne désire vraiment dominer, car, lorsqu’un homme est enfin sous sa coupe, elle se sent anxieuse et seule.

LORSQU’UN HOMME SE SENT DOMINÉ

Les hommes détestent se sentir dominés. Au niveau inconscient, cela réveille chez eux les souvenirs primaires et effrayants de l’impuissance de l’enfant face à la domination de la mère. Lorsque les hommes se rendent compte qu’ils sont dominés par une femme, et que cette domination continue, ils se sentent encore plus mal : ils ont l’impression d’être émasculés. Le facteur de Polarité aide à expliquer la réaction d’un homme qui se sent dominé. Les hommes désirent être proches et intimes de la femme qu’ils aiment, mais pas aux dépens du contrôle de leur propre destinée. Lorsque les hommes se sentent contraints de maintenir une situation de fusion, de trop grande proximité, ils en éprouvent de la colère et du ressentiment, même s’ils ne l’expriment pas directement. Si un homme se sent impuissant lorsqu’il est dominé, c’est qu’il se trouve dans une certaine mesure dépendant de la femme et par conséquent éprouve des réticences à agir de telle sorte qu’il puisse mettre en danger son lien avec elle. Parfois, les hommes sont en colère parce qu’ils sont dominés et que leur liberté est restreinte, mais, en même temps, ils ont l’impression qu’il est dangereux d’exprimer leurs sentiments. Alors, en silence, ils nourrissent encore plus leur rancœur. Les hommes qui vivent cela se sentent pris au piège : ils pensent qu’ils ne peuvent ni partir ni réagir, de sorte que leur seul recours est de rester, de s’accommoder de leurs émotions négatives et de bouillonner de rage. De manière plus précise, si un homme a essayé d’exprimer le déplaisir qu’il éprouve à être dominé, et si la femme ne reconnaît pas que cette irritation puisse être justifiée, il s’installera parfois dans un calme ressentiment. Les femmes ne remarquent pas toujours les signes de colère chez un homme dominé, car il la cache souvent très bien. Les hommes se sentent honteux d’éprouver de la rancœur; ils ne veulent pas paraître geignards, n’aiment pas admettre qu’ils ne savent pas très bien comment modifier la situation. En conséquence de quoi, une femme peut très mal percevoir les signes du bouillonnement intérieur et de la rage qu’un homme éprouve et ce, jusqu’à ce qu’il soit trop tard et que l’homme la quitte brutalement. Lorsqu’on se trouve en position de dominé, on se sent fondamentalement remis en question, non aimé, si ce n’est dans les frontières étroites de la perception de l’autre. Par conséquent, un homme dominé peut finir par se sentir seul et comme étranger, alors qu’en même temps son besoin de maintenir la relation le suffoque. Ce type de rapport négatif avec une femme est proche de la servitude, non de l’amour. Lorsqu’un homme vit avec une femme excessivement dominatrice, il a souvent l’impression d’être pris au piège : s’il accepte sa domination parce qu’il a envie de lui plaire, il s’inquiète qu’elle puisse le considérer comme un faible, un « pauvre type ». Les hommes savent que les femmes n’aiment pas vraiment les dominer. Ainsi, d’une part, le premier instinct d’un homme le pousse à essayer de faire plaisir à une femme mais, de l’autre, il a peur qu’en cédant trop il ne donne de lui l’image d’une « lavette ». Les femmes dominatrices sont typiquement bien intentionnées et aimantes. Généralement, elles agissent inconsciemment et sans intention claire. Néanmoins, ce comportement est essentiellement égoïste et porteur d’échec ; il est très rare que la femme renforce ainsi l’amour auquel elle aspire. 

La princesse

Laurent, vingt-neuf ans, donne les raisons qui le décidèrent à ne plus voir Rita, trente et un ans, après leur troisième rendez-vous. Ils se rencontrèrent à un pique-nique, chez un ami, un dimanche. « Je l’aimais beaucoup. Elle était jolie et amicale et il semblait facile de lui parler. Je lui ai téléphoné deux ou trois jours plus tard pour lui demander si elle avait envie d’aller voir un certain film. « Tout d’abord, elle répondit qu’elle voulait bien, puis elle mentionna deux autres films qu’elle avait encore plus envie de voir. Cela m’importait peu et je lui dis de choisir. C’est ce qu’elle fit, puis elle me demanda : “ Est-ce que cela vous convient ou est-ce que vous préféreriez voir celui dont vous avez parié en premier? ” Je dus finalement choisir le film, et après cela je n’avais plus la moindre idée de ce qu’elle avait envie de voir. « La même chose se produisit quand nous arrivâmes au cinéma. Je lui demandai où elle voulait s’asseoir et elle me répondit : “ Où voulez-vous vous asseoir ? ” Je trouvai deux places vers le milieu et alors elle me dit : “ Ne préféreriez-vous pas être plus près ? ” Là, je répondis tout de suite : “ Non, j’aime être au milieu ”, et je me souviens exactement de ce qu’elle dit, car cela m’exaspéra : “ Il n’y a pas de raison de se battre pour cela. ” « Dans l’ensemble, dit Laurent, j’aimais Rita. Nous sommes allés dans une discothèque quelques jours plus tard, et le week-end suivant elle m’emmena à une soirée. Elle était douce et affectueuse, mais rien ne semblait être simple avec elle. Que ce soit pour programmer quelque chose ou simplement dans une conversation, elle revenait toujours sur tout. Elle était d’accord pour faire ce que je voulais, puis mettait en avant de petits détails qui faisaient que ce n’était pas si bien que ça. « Par exemple, elle me demandait ce que je pensais, puis elle remarquait les failles dans ma réponse et terminait en disant : “ Mais tu as raison. ” Elle exprimait une opinion ou prenait position et ensuite revenait dessus. Cela suffisait à me rendre fou. En conséquence, il était vraiment plus simple et plus tranquille de lui demander tout de suite ce qu’elle désirait et de faire avec. J’en vins à penser qu’elle essayait de me dominer et de me manipuler de façon indirecte. Les petites choses commencèrent à s’accumuler et à m’irriter au point que je ne m’amusais plus avec elle et n’avais plus aucun sentiment positif à son égard. Au mieux, je l’ai trouvée beaucoup trop installée dans ses habitudes ; au pire, je considérai qu’elle agissait comme une princesse capricieuse. »

Laisser-aller.

Chaque fois que nous rencontrons quelqu’un pour la première fois, ou allons à un premier rendez-vous, nous nous sentons un peu nerveux : nous voulons faire bonne impression. C’est normal et compréhensible, mais l’important est de savoir comment nous nous débrouillons avec notre nervosité. Certaines personnes deviennent très irascibles ou tendues, car elles ressentent fortement la pression qui pèse sur elles. D’autres sont tellement inquiètes de plaire qu’elles deviennent trop douces et trop complaisantes. Et puis il existe des gens comme Rita qui ont un besoin inconscient de dominer pour se sentir à l’aise. L’espèce de rigidité de Rita représentait sa manière à elle de se sécuriser mais, dès le départ, cela lui créait des problèmes. Être souple et s’adapter lui donnaient l’impression d’être dangereusement vulnérable à toute blessure ou rejet. Et pourtant, c’est précisément son comportement qui provoquait ce qu’elle craignait le plus. La solution dans le cas de quelqu’un comme Rita est de devenir plus consciente de ses angoisses et, plus précisément, de la manière de les résoudre. Sans doute vaut-il mieux dire que vous vous sentez un peu nerveuse et émue à cause de la rencontre : cela vous aidera tous les deux à vous détendre, car il y a des chances pour qu’il soit, lui aussi, nerveux. 

La rabat-joie 

Sara, quarante ans, se plaint : « Victor est infantile et irresponsable. Je suis veuve à cause du sport. Selon la saison, il passe son temps libre soit à jouer au football, soit à regarder un match à la télévision avec une bande de copains. » Vous avez déjà entendu ça ? La réalité est que Victor, qui est juge, est très attaché à son travail et excessivement consciencieux. Mais, pendant les weekends, il aime se relaxer et se distraire : pendant le printemps, il joue dans une équipe de football amateur et, à l’automne, il se retrouve avec ses amis devant la télévision où ils se mettent à crier et à hurler lorsque l’équipe locale gagne ou perd. Sara a été déçue par Victor sur un point particulier, au cours de leur mariage. Elle pensait qu’il serait plus attentif et leur accorderait plus de temps, à elle et à ses enfants. Dernièrement, elle s’est plainte constamment de son « immaturité ». Plus elle essaie de réduire les moments de détente de Victor, plus il en éprouve du ressentiment. Victor chercha conseil après avoir eu, à l’insu de Sara, une relation suffisamment importante pour lui faire envisager de quitter sa femme. Il considérait que les bagarres du week-end au sujet de ses activités sportives n’étaient pas de banales difficultés conjugales ; il les vivait comme la partie immergée de l’iceberg de ses problèmes maritaux. Ces plaintes recouvraient tout autre chose : il pensait que Sara désapprouvait le plaisir, qu’il s’agisse de lui ou d’elle. Victor avait l’impression que sa femme envisageait la vie comme une série de devoirs à remplir, en particulier dans leur rôle de parents. Au cours des entretiens, Sara révéla la cause de son besoin de dominer Victor. Elle avait toujours douté de son amour pour elle et avait toujours eu peur qu’un jour, soudainement, il ne la quitte. Et, après la naissance des enfants, elle avait eu l’impression qu’il n’était pas aussi aimant et affectueux envers elle. Plutôt que de résoudre directement ces insécurités et d’en discuter avec lui, elle adopta petit à petit la position de celle qui est la plus « mûre », pour mieux contrôler la situation.